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Incendies de bâtiments agricoles : deux sapeurs-pompiers volontaires en garde à vue

Un hangar agricole, situé au cœur des prairies de Charmoille, a pris feu ce vendredi 2 avril vers 18 h. À l’intérieur du bâtiment, loué par un agriculteur pour stocker du fourrage, se trouvaient également de vieux tracteurs appartenant au propriétaire. Celui-ci, présent lors du sinistre, assure qu’il ne peut s’agir d’un accident car le hangar n’est pas alimenté en électricité. Les faits vont lui donner raison.

Placé sous surveillance par les gendarmes

Ce 13e incendie aura effectivement permis de mettre fin à une longue série d’incendie de bâtiments agricoles. En effet, depuis août 2020, la gendarmerie de Vesoul enquêtait sur des incendies suspects. Il y en avait eu douze jusqu’alors dans le périmètre de l’agglomération vésulienne. L’enquête avait été confiée à la brigade de recherches et la communauté de brigades de Vesoul.

« Face au préjudice important causé à la communauté agricole, d’importants moyens ont été mis en œuvre et notamment de surveillance », précise le procureur de la République, Emmanuel Dupic. « Nous avions des soupçons sur une personne », ajoute-t-il.

Grâce à l’usage d’un hélicoptère, ce vendredi, deux suspects ont été observés puis identifiés à Charmoille. « Ces deux personnes, en l’occurrence deux jeunes sapeurs-pompiers volontaires, âgés de 19 et 20 ans, ont été interpellés vendredi à 18 h 20 au sein de la caserne vésulienne où ils interviennent », poursuit le procureur de la République. Ils ont été placés en garde à vue pour incendie volontaire, considéré comme un délit, il est punissable de dix ans d’emprisonnement. Ils seront présentés, ce dimanche, au juge d’instruction qui décidera de leur sort.

Nous avons découvert et appris que deux pompiers de Vesoul étaient suspectés juste avant leur interpellation », témoigne le colonel Stéphane Helleu , patron du service départemental d’incendie et de secours de Haute-Saône. « Je peux vous dire que c’est un double sentiment, la consternation et la trahison. Jamais nous n’avons eu de suspicion et rien ne nous permettait de penser qu’il pouvait s’agir de sapeurs-pompiers ».

Le colonel Stéphane Helleu : « Pour nous, c’est à la fois la consternation et un sentiment de trahison ». Photo ER/DR

La gendarmerie qui a semble-t-il eu des soupçons très tôt sur au moins un des individus a évidemment travaillé en toute discrétion pour parvenir à cette interpellation.

« Les sapeurs-pompiers le vivent très mal »

« Il faudrait que chacun ait conscience que les sapeurs-pompiers vivent très mal cette affaire. Nous sommes engagés sur tous les fronts, nous sommes mobilisés et en attente pour les vaccinations. C’est un coup très dur porté à l’image du corps des sapeurs-pompiers. Si un doute subsiste avec la présomption d’innocence, il semble malgré tout que les soupçons soient très forts. C’est très compliqué pour tous les sapeurs-pompiers du département. Nous nous sentons trahis dans notre image, dans nos missions. On ne sait pas pour l’instant lesquels sont visés par l’enquête, il y a eu des dégâts matériels, une exposition à des risques pour la population et pour les sapeurs-pompiers eux-mêmes et c’est tout à fait préjudiciable ».

Source
L'est Républicain
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