🚨 Sécurité civile : même les Départements disent désormais « ça suffit ! »

DĂ©partements de France dĂ©nonce Ă  son tour un projet de loi de modernisation de la SĂ©curitĂ© civile sans rĂ©ponse financière Ă  la hauteur des enjeux. Une prise de position majeure : les principaux financeurs des SDIS rejoignent le constat d’un modèle arrivĂ© Ă  bout de souffle.

La colère ne vient plus seulement des sapeurs-pompiers et des organisations syndicales.

Dans un communiqué publié le 9 septembre 2026, Départements de France, qui représente les collectivités départementales, exprime ouvertement sa « déception » et sa « colère » après avoir pris connaissance du projet de loi de modernisation de la Sécurité civile.

Et le constat dressé est particulièrement sévère.

Un projet de loi qui ne règle pas la question essentielle : le financement

Les DĂ©partements sont aujourd’hui les principaux financeurs des services dĂ©partementaux d’incendie et de secours (SDIS), avec les communes et intercommunalitĂ©s.

Ils dĂ©noncent pourtant le fait de ne pas avoir Ă©tĂ© suffisamment associĂ©s Ă  l’Ă©laboration d’un texte qui concerne directement l’avenir des services qu’ils financent.

Plus grave encore : ils constatent l’absence d’un vĂ©ritable engagement financier pluriannuel permettant aux SDIS d’anticiper les investissements et les besoins humains nĂ©cessaires.

C’est pourtant prĂ©cisĂ©ment ce dont la SĂ©curitĂ© civile française a besoin.

Les crises climatiques se multiplient, les feux de forĂŞt gagnent de nouveaux territoires, les sollicitations opĂ©rationnelles augmentent et le secours Ă  personne continue de reprĂ©senter l’immense majoritĂ© de l’activitĂ© des sapeurs-pompiers.

Dans le mĂŞme temps, les moyens doivent suivre.

« Le modèle financier de la Sécurité civile est à bout de souffle »

La formule employée par Départements de France est particulièrement forte.

Elle confirme ce que nous dénonçons depuis longtemps : on ne peut plus demander toujours davantage aux SDIS sans leur donner durablement les moyens humains, matériels et financiers nécessaires.

Les DĂ©partements considèrent eux-mĂŞmes qu’ils ne peuvent plus supporter seuls les efforts supplĂ©mentaires nĂ©cessaires.

Ils rĂ©clament notamment une implication financière plus importante de l’État et proposent Ă©galement de faire participer davantage les compagnies d’assurances, notamment par l’intermĂ©diaire de la TSCA, en considĂ©rant la valeur Ă©conomique des biens et des vies prĂ©servĂ©s grâce Ă  l’action quotidienne des services d’incendie et de secours.

Plus de 4,7 millions d’interventions par an

Les chiffres rappelĂ©s dans le communiquĂ© illustrent l’ampleur du problème.

La SĂ©curitĂ© civile assure dĂ©sormais plus de 4,7 millions d’interventions chaque annĂ©e, dont plus de 85 % concernent le secours Ă  personne.

Depuis 2000, ces interventions de secours à personne auraient progressé de plus de 80 %.

En 2025, près de 4,89 millions d’opĂ©rations de secours ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es, soit une nouvelle augmentation de l’activitĂ©.

Ă€ cela s’ajoute une problĂ©matique que connaissent parfaitement les sapeurs-pompiers : les carences ambulancières. DĂ©partements de France rappelle que 503 000 carences ont Ă©tĂ© recensĂ©es en 2024.

Derrière ces chiffres, ce sont des Ă©quipages, des engins et des personnels des SDIS qui sont mobilisĂ©s et deviennent alors indisponibles pour d’autres missions urgentes.

Les Départements refusent également le retour de la tutelle préfectorale

Autre point important du communiquĂ© : DĂ©partements de France s’oppose fermement Ă  ce qu’il considère comme un retour de la tutelle prĂ©fectorale sur les SDIS.

Pour les Ă©lus dĂ©partementaux, l’État ne peut pas vouloir renforcer son pouvoir de dĂ©cision tout en laissant principalement aux collectivitĂ©s la responsabilitĂ© du financement.

Cette question touche directement à la gouvernance future de notre modèle de Sécurité civile.

Et elle devra nĂ©cessairement ĂŞtre dĂ©battue avec l’ensemble de ses acteurs : État, collectivitĂ©s territoriales, organisations reprĂ©sentatives et personnels.

Les conséquences du changement climatique ne sont plus une hypothèse

Les incendies de ces dernières annĂ©es l’ont dĂ©montrĂ© : le risque Ă©volue.

Les feux majeurs, autrefois concentrés principalement dans certaines régions du sud de la France, concernent désormais une partie beaucoup plus importante du territoire.

Départements de France rappelle ainsi les enseignements tirés des incendies de 2022 et souligne que les risques liés au changement climatique se sont depuis encore renforcés.

Les SDIS doivent donc investir, renouveler leurs matériels, renforcer leurs capacités opérationnelles et disposer des personnels nécessaires.

Mais ces investissements nécessitent une visibilité budgétaire sur plusieurs années.

On ne prépare pas la Sécurité civile de demain avec des financements décidés au coup par coup.

Quand pompiers et DĂ©partements dressent le mĂŞme constat, l’État doit entendre le message

Cette prise de position est particulièrement importante dans le contexte actuel.

Les sapeurs-pompiers alertent sur le manque d’effectifs, l’augmentation continue de l’activitĂ©, les conditions de travail, la disponibilitĂ© du volontariat et les difficultĂ©s financières des SDIS.

Les organisations syndicales demandent des mesures concrètes.

Et désormais, les Départements eux-mêmes expliquent que le système financier ne peut plus continuer ainsi.

Lorsque les personnels qui assurent les secours et les collectivitĂ©s qui financent ces secours arrivent au mĂŞme constat, il devient difficile de considĂ©rer qu’il ne s’agit que d’une revendication catĂ©gorielle.

C’est bien notre modèle national de SĂ©curitĂ© civile qui doit ĂŞtre consolidĂ©.

🔥 Des actes, maintenant

Ă€ la CFDT des Services d’Incendie et de Secours, nous considĂ©rons que cette nouvelle prise de position doit ĂŞtre entendue.

Moderniser la Sécurité civile ne peut pas consister uniquement à modifier des textes, réorganiser la gouvernance ou afficher de nouvelles ambitions.

Il faut donner aux SDIS les moyens de les mettre en œuvre.

Cela passe par un financement durable et partagĂ©, une vĂ©ritable politique de recrutement de sapeurs-pompiers professionnels, la prĂ©servation du volontariat sans en faire une variable d’ajustement, des investissements adaptĂ©s aux nouveaux risques et une reconnaissance rĂ©elle des contraintes supportĂ©es par les personnels.

Les Français attendent lĂ©gitimement qu’en composant le 18 ou le 112, les secours arrivent rapidement, partout sur le territoire.

Préserver cette capacité a un coût.

Mais affaiblir notre modèle de Sécurité civile en aurait un bien plus important encore.

Les sapeurs-pompiers alertent.
Les organisations syndicales alertent.
Les Départements alertent.

Combien faudra-t-il encore d’alertes avant que l’État apporte enfin des rĂ©ponses Ă  la hauteur des enjeux ?


📄 Le communiqué de Départements de France

Retrouvez ci-contre le communiqué de presse de Départements de France du 9 septembre 2026 dans son intégralité.

« Projet de loi de modernisation de la Sécurité civile, les Départements de France, déçus et en colère »

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