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Deux sapeurs-pompiers français épuisés, couverts de suie, se reposent près de leur camion-citerne (CCF) au milieu d'un paysage de forêt brûlée sous un ciel enfumé. Un message collé sur le véhicule rend hommage aux collègues morts au feu.

Saison des feux 2026 : les pompiers à bout, l’État peine à convaincre

Trois collègues sont morts au feu depuis le début de l’été. Sur le terrain, l’épuisement gagne les casernes, tandis que les autorités elles-mêmes reconnaissent désormais l’ampleur inédite de la crise. La CFDT SDIS rappelle que l’hommage ne suffit plus : il faut des moyens.

Une profession à bout de souffle

Deux professionnels de 34 ans sont morts le 21 juillet, piégés dans leur camion-citerne en luttant contre un feu de pins particulièrement virulent près de l’aéroport de Bordeaux. Un troisième collègue a perdu la vie depuis le début de l’été. Dans la foulée de ce nouveau drame, la parole des pompiers, professionnels comme volontaires, s’est libérée dans la presse : épuisement, sous-effectif, matériel insuffisant.

Pour Guillaume Millet, de la CFDT, le compte n’y est pas : lorsqu’une colonne de renfort de cinquante hommes est engagée, il en faudrait le double pour respecter les temps de repos de sécurité. Résultat, les agents s’épuisent. Du côté de la CGT comme de l’Unsa, le constat est identique : la fatigue, physique et mentale, devient elle-même un facteur de risque, avec des pertes de lucidité et des risques accrus d’intoxication lors des interventions les plus longues.

Sur le terrain, les témoignages se multiplient et se ressemblent, du Var à la Côte-d’Or en passant par la Haute-Vienne : journées interminables enchaînant ambulance, feux de forêt et astreintes, nuits écourtées, vie de famille sacrifiée. Un sapeur-pompier volontaire du Var résume ce que beaucoup ressentent sur le terrain : l’envie d’y aller reste intacte, mais le corps, lui, ne suit plus toujours.

Même le discours officiel évolue

Signe que la situation dépasse le simple ressenti syndical : le directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises a lui-même reconnu, sur le plateau du 20H de TF1, le caractère inédit de cette saison des feux par son ampleur. Une manière, pour l’État, d’admettre ce que les organisations syndicales alertent depuis plusieurs semaines déjà.

Cette reconnaissance fait écho à la visioconférence de crise organisée le 16 juillet dernier entre le DGSCGC et les organisations syndicales, à laquelle la CFDT avait participé. Les chiffres présentés à cette occasion donnaient déjà le vertige, avec plusieurs dizaines de milliers d’hectares partis en fumée et plusieurs milliers de départs de feux enregistrés sur l’ensemble du territoire depuis le début de la saison. La CFDT y avait rappelé que si le dispositif national tenait encore, c’était uniquement grâce à l’engagement des sapeurs-pompiers sur le terrain, et non grâce à des moyens suffisants.

Sébastien Bouvier : « catastrophique » sur le terrain, des renforts qui manquent

Interrogé sur France Info le 26 juillet, notre représentant national Sébastien Bouvier n’a pas mâché ses mots : face aux incendies majeurs qui touchent la Gironde, le Var, la Corse ou encore les Landes, la situation sur le terrain est selon lui « catastrophique » sur l’ensemble du territoire. Il nuance au passage le discours du ministre de l’Intérieur : le matériel est là, mais ce sont bien les effectifs humains qui manquent pour armer l’intégralité des colonnes de renfort prévues.

Sébastien Bouvier alerte aussi sur l’épuisement physique des agents, soumis à de très longs trajets, parfois jusqu’à 16 heures de route dans des véhicules non climatisés, avant un engagement direct sur le feu sans repos suffisant. Il tient toutefois à saluer l’aide précieuse des maires et des bénévoles locaux, qui pallient au quotidien les manques logistiques sur la nourriture et l’hébergement des colonnes de renfort.

L’interview revenait également sur un dispositif appelé à monter en puissance : l’adaptation de l’A400M militaire à la lutte anti-incendie, grâce à un kit largable installé en soute et présenté par l’expert aéronautique Gérard Feldzer. L’appareil peut larguer jusqu’à 20 000 litres d’eau ou de retardant, l’équivalent de deux Dash ou quatre Canadair, avec un transit trois fois plus rapide et la capacité de voler à basse altitude, de jour comme de nuit. Sébastien Bouvier accueille très favorablement cette initiative : la France, insiste-t-il, a un besoin urgent de moyens aériens à très haute capacité et à grande vitesse pour compléter une flotte existante déjà à bout de souffle.

Ce que la CFDT continue de porter

Ce nouvel épisode confirme ce que la CFDT SDIS défend depuis le début de la saison : la mobilisation exceptionnelle des agents ne peut pas devenir la norme sans contrepartie en moyens humains et matériels. Le respect des temps de repos de sécurité, le dimensionnement réel des colonnes de renfort et la reconnaissance de la pénibilité doivent être au cœur des discussions avec l’administration, y compris au niveau local.

À l’échelle du SDIS 74, cette actualité nationale nous concerne directement : elle rappelle l’importance de rester vigilants sur les conditions d’engagement de nos collègues sur les feux de forêt et de végétation, et de faire remonter toute situation où la sécurité ou la santé des agents seraient mises en cause.

La CFDT SDIS reste à l’écoute de tous les agents confrontés à des conditions d’engagement difficiles cet été. N’hésitez pas à nous faire remonter vos situations.

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