Sécurité civile : 22 articles, zéro réponse de fond — jusqu’où faudra-t-il aller pour être entendus ?

Le projet de loi de modernisation de la Sécurité civile a enfin été présenté aux organisations syndicales. Après des mois d’attente, les personnels pouvaient espérer un texte à la hauteur de la situation des services d’incendie et de secours. La déception est immense : 22 articles, mais toujours aucune réponse sérieuse sur les effectifs, le financement des SDIS et l’avenir de notre modèle de secours.
On nous annonçait une modernisation. Nous découvrons du bricolage.
Mardi 8 septembre, les services de la Direction générale de la Sécurité civile ont présenté aux organisations syndicales le projet de loi dit de « modernisation de la Sécurité civile ».

22 articles.
22 articles censés porter une ambition nouvelle pour la Sécurité civile française, plus de vingt ans après la loi MOSC de 2004.
22 articles que les organisations syndicales ont examinés avec attention.
Et le constat est brutal :
où sont les réponses aux véritables problèmes des SDIS ?
Pendant des mois, les personnels ont alerté. Les organisations syndicales ont participé aux réunions, formulé des propositions et décrit la réalité vécue dans les centres de secours.
Nous attendions des décisions.
On nous présente aujourd’hui essentiellement des ajustements juridiques.
Pendant ce temps, sur le terrain, rien ne disparaît par magie : les difficultés de recrutement demeurent, la pression opérationnelle reste forte, les personnels s’épuisent et les SDIS doivent continuer à assurer leurs missions avec des ressources contraintes.
Des cours de secourisme, oui. Mais qui fera partir les engins demain ?
Former davantage la population aux gestes qui sauvent est évidemment utile.
Mais cela ne peut pas constituer la réponse centrale à la crise que traversent nos services d’incendie et de secours.
De la même manière, former les nouveaux salariés au secourisme peut être une bonne mesure.
Mais cela ne mettra pas davantage de sapeurs-pompiers dans les engins.
Cela ne donnera pas aux SDIS les moyens de recruter les personnels dont ils ont besoin.
Cela ne réglera pas les problèmes de disponibilité opérationnelle.
Cela ne financera pas les casernes, les équipements, les véhicules et les investissements nécessaires.
Et cela ne répondra pas à la question fondamentale :
quel service public de secours voulons-nous demain en France ?
Une loi sans financement n’est pas une modernisation
C’est probablement le point le plus inquiétant.
Où est l’argent ?
On peut écrire toutes les ambitions que l’on souhaite dans une loi. On peut multiplier les annonces, les dispositifs et les déclarations d’intention.
Mais sans financement pérenne des Services d’incendie et de secours, tout cela restera du papier.
Une loi qui n’est pas financée n’est qu’un affichage politique.
Les SDIS ne peuvent plus être condamnés à chercher continuellement comment financer des missions toujours plus nombreuses.
On ne peut pas demander toujours davantage aux personnels tout en reportant à plus tard la question des moyens.
À un moment, il faut choisir.
Soit la France considère que son modèle de Sécurité civile constitue un service public essentiel qu’elle veut préserver et renforcer.
Et dans ce cas, elle doit lui donner les moyens humains et financiers nécessaires.
Soit elle continue à repousser les décisions difficiles.
Mais il faudra alors assumer les conséquences sur la capacité du service public à garantir des secours de qualité sur l’ensemble du territoire.
Nous ne nous battons pas seulement pour les pompiers
C’est un point essentiel.
Lorsque les sapeurs-pompiers et les personnels des SDIS réclament davantage de moyens, ils ne défendent pas uniquement leurs conditions de travail.
Ils défendent aussi le citoyen qui compose le 18 ou le 112.
Ils défendent la victime d’un accident de la route.
Ils défendent la personne victime d’un malaise.
Ils défendent les habitants confrontés à un incendie, une inondation, une tempête ou une catastrophe naturelle.
Ils défendent un principe auquel nous sommes profondément attachés :
où que vous habitiez en France, vous devez pouvoir compter sur un service public de secours efficace.
C’est cela qui est en jeu.
27, 28 et 29 septembre : la mobilisation monte d’un cran
Puisque les alertes ne suffisent manifestement plus, il faudra se faire entendre autrement.
📍 Dès le 27 septembre, les représentants syndicaux seront présents au Champ-de-Mars à Paris, jour et nuit.
🚒 Le 28 septembre, les sapeurs-pompiers seront dans les rues de Paris pour porter leurs revendications et défendre des secours de qualité pour l’ensemble de la population.
✊ Le 29 septembre, toute la famille de la Sécurité civile rejoindra à nouveau la mobilisation, aux côtés des agents de la fonction publique, pour défendre nos services publics.
Mais la mobilisation ne doit pas commencer le 27 septembre.
Elle doit commencer maintenant, dans toutes les casernes.
Assez de promesses. Nous voulons des actes.
Nous refusons de nous satisfaire d’un texte qui porte le mot « modernisation » dans son titre sans apporter les réponses attendues par celles et ceux qui font vivre quotidiennement la Sécurité civile.
Nous refusons que la question du financement soit encore repoussée.
Nous refusons que les problèmes d’effectifs soient contournés.
Nous refusons que l’avenir de notre modèle de secours soit traité à coups d’ajustements alors que les difficultés sont structurelles.
Après les discours, les concertations et les promesses, le temps des constats est terminé.
🔥 SÉCURITÉ CIVILE : ASSEZ DE PROMESSES, NOUS VOULONS DES ACTES !
Parce que derrière nos revendications, il y a une seule priorité : garantir à chaque citoyen, partout sur le territoire et à tout moment, des secours publics de qualité.
La CFDT appelle les personnels à se mobiliser et à renforcer le mouvement dès maintenant.





