🔥 Beauvau de la Sécurité civile : après deux ans de travaux, le compte n’y est toujours pas !

Deux années de travaux, des dizaines de réunions, de nombreusecune réponse à la hauteur de la crise que traversent les services d’incendie et de secours. Alors que débute ce 8 septembre le mouvement national des sapeurs-pompiers, l’intersyndicale tire la sonnette d’alarme : le projet de modernisation de la Sécurité civile ne répond pas, en l’état, aux problèmes structurels qui menacent notre modèle de secours.

Deux ans de travaux… pour éviter les sujets essentiels

Le Beauvau de la Sécurité civile devait permettre de poser les bases d’une véritable modernisation de notre modèle.

Après deux années de concertation et des dizaines de réunions, les trois premiers chapitres présentés du projet de loi de modernisation de la Sécurité civile sont pourtant très loin des ambitions annoncées.

Les sujets qui conditionnent réellement l’avenir de nos services d’incendie et de secours restent sans réponse.

Financement des SDIS, recrutement de sapeurs-pompiers professionnels, avenir du volontariat, santé et protection des agents, temps de travail, maillage territorial ou encore égalité d’accès aux secours : autant de questions qui ne peuvent plus être repoussées.

👉 On nous promettait de consolider les fondations de notre modèle de Sécurité civile. Pour l’instant, on nous propose surtout d’en refaire le papier peint.

🚨 Les chiffres tĂ©moignent d’une situation prĂ©occupante

Pendant que les discussions se poursuivent, la pression opérationnelle continue de s’accroître sur le terrain.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

– 30 % des centres de secours ont fermĂ© depuis 2000 ;
– 61 % des centres reposent uniquement sur des sapeurs-pompiers volontaires ;
– l’activitĂ© a augmentĂ© de 700 000 interventions en quinze ans, alors que seulement 4 000 postes de sapeurs-pompiers professionnels supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© créés ;
– le dĂ©lai moyen d’arrivĂ©e du premier engin est passĂ© de 12 minutes 30 Ă  15 minutes 09 en dix ans.

Derrière ces statistiques se cache une réalité quotidienne : des personnels davantage sollicités, des difficultés croissantes pour assurer certains départs en intervention et un maillage territorial qui se fragilise.

🚒 Le volontariat ne peut pas devenir une variable d’ajustement

Les sapeurs-pompiers volontaires constituent une composante indispensable de notre modèle de Sécurité civile.

Mais défendre le volontariat, c’est aussi refuser qu’il devienne la solution systématique permettant de compenser l’insuffisance des effectifs professionnels.

Lorsque 61 % des centres reposent uniquement sur des volontaires, la question de la disponibilité en journée, de l’évolution de l’engagement et de la capacité à maintenir durablement une réponse opérationnelle doit être posée.

SPP et SPV ne doivent pas être opposés. Ils sont complémentaires.

La pérennité de notre modèle passe par un volontariat reconnu et protégé, mais également par des effectifs professionnels dimensionnés en fonction de l’activité réelle des territoires.

⏱️ Trois minutes de plus pour l’arrivĂ©e des secours

L’un des indicateurs doit particulièrement nous interpeller.

En dix ans, le délai moyen d’arrivée du premier engin est passé de 12 min 30 à 15 min 09.

Cela représente près de trois minutes supplémentaires.

Dans de nombreuses interventions — arrêt cardiaque, incendie, accident grave, noyade ou détresse vitale — chaque minute compte.

Cette évolution pose donc directement la question de l’égalité des citoyens devant le service public de secours.

Habiter en secteur rural, pĂ©riurbain ou Ă©loignĂ© d’une grande agglomĂ©ration ne doit pas signifier accepter une dĂ©gradation progressive de l’accès aux secours.

đź’¶ Sans financement durable, aucune modernisation ne sera possible

On ne peut pas demander toujours davantage aux SDIS sans poser clairement la question de leurs ressources.

L’activité augmente. Les risques évoluent. Les événements climatiques extrêmes se multiplient. Les besoins en équipements, en formation et en personnels progressent.

Dans le même temps, les finances des collectivités territoriales sont sous tension.

La question du financement des services d’incendie et de secours ne peut donc plus être évitée.

Moderniser la Sécurité civile sans construire un modèle de financement durable reviendrait à annoncer de nouvelles ambitions sans donner aux SDIS les moyens de les réaliser.

🔥 Les crises de demain se préparent aujourd’hui

Feux de forêt de grande ampleur, inondations, épisodes climatiques extrêmes, risques technologiques, secours d’urgence aux personnes…

Les sapeurs-pompiers sont confrontés à des missions toujours plus nombreuses et complexes.

La France dispose d’un modèle de Sécurité civile exceptionnel par son maillage territorial et par la complémentarité entre sapeurs-pompiers professionnels et volontaires.

Mais ce modèle ne peut survivre uniquement grâce à l’engagement des femmes et des hommes qui le font fonctionner.

Il doit disposer des effectifs, des équipements, des financements et de l’organisation nécessaires pour faire face aux crises actuelles et futures.

✊ Du 8 septembre au 20 octobre : les sapeurs-pompiers se mobilisent

Le mouvement national débute ce 8 septembre 2026 et doit se poursuivre jusqu’au 20 octobre.

La mobilisation ne concerne pas uniquement les conditions de travail des sapeurs-pompiers.

Elle concerne l’avenir du service public de secours.

La CFDT demande que le Gouvernement revoie sa copie et apporte enfin des réponses concrètes sur :

➡️ les effectifs de sapeurs-pompiers professionnels ;
➡️ la reconnaissance et la protection du volontariat ;
➡️ la santé et la sécurité des personnels ;
➡️ le temps de travail ;
➡️ le financement pérenne des SDIS ;
➡️ le maintien du maillage territorial ;
➡️ l’égalité de tous les citoyens face aux secours.

đźź  La CFDT demande des actes

Nous ne voulons pas d’une réforme cosmétique.

Nous voulons une véritable politique nationale capable de garantir l’avenir de notre modèle de Sécurité civile.

Parce que derrière les chiffres, les budgets et les textes réglementaires, il existe une réalité extrêmement simple :

lorsqu’un citoyen compose le 18 ou le 112, il doit pouvoir compter sur des secours disponibles, suffisamment nombreux, correctement équipés et capables d’arriver rapidement.

🔥 La Sécurité civile ne se modernisera pas avec du papier peint. Il est temps de consolider ses fondations.

La CFDT continuera à défendre un service public de secours fort, accessible à tous et capable de répondre aux crises d’aujourd’hui comme à celles de demain.

Le Scribble
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