18/09/2013
Jacques

SDIS des Bouches du Rhône

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C’est un rapport très attendu qui sera rendu public aujourd’hui. La Chambre régionale des comptes (CRC) a passé au crible la gestion du Service d’incendie et de secours (Sdis) des Bouches-du-Rhône entre 2007 et 2010 et elle y a découvert des anomalies bien singulières. La Provence révèle le contenu de ce document… qui circule depuis quelques jours.
Le personnel et les modes de recrutement
La Chambre pointe les recrutements de sapeurs-pompiers volontaires saisonniers rémunérés jusqu’en 2012 par vacations qui “se faisaient essentiellement sur recommandation du président du Sdis (à l’époque Jean-Pierre Maggi, le maire de Velaux), qui privilégiait les candidatures des résidents de la commune dont il était le maire”. En 2009, sur les 72 agents recrutés par le Sdis, plus de 61 % l’ont été sur recommandation du président et 40 résidaient sur Velaux… “Le président a donc tiré parti de sa qualité pour favoriser auprès du Sdis le recrutement de ses administrés”, écrit la Chambre. La CRC qualifie même d’irrégulières les vacations versées à ces sapeurs-pompiers, “notamment pour rémunérer les formations qu’ils dispensent durant leurs jours de RTT”. Sans parler d’un médecin payé alors qu’il n’est pas de garde ou d’un agent maintenu en activité au-delà de la limite d’âge. Quant à l’absentéisme, il a augmenté de près de 10 % entre 2007 et 2011.
Les logements de fonction
La CRC s’étonne que la loi de 1990 sur la fonction publique territoriale ne soit pas respectée. Elle impose au Sdis de délibérer sur les emplois ouvrant droit à un logement par nécessité. Même gestion erratique en matière de véhicules de service et de fonction.
La situation financière
C’est l’un des rares points positifs. La situation financière est qualifiée de “confortable” avec un budget global par habitant de 129 euros contre 86 euros de moyenne pour les autres Sdis de France. Toutefois, l’endettement s’aggrave. La dette, qui s’élevait fin 2011 à 31 millions d’euros, est en hausse de 56 % depuis 2009.
Les marchés publics
La CRC s’étonne que des actions de formation pour 163 000 euros et des travaux pour 200 000 euros autour du Centre international de ressources et d’expertise (Cireex) n’aient fait l’objet d’aucune publicité ni mise en concurrence.
La coopération internationale
Le Sdis a poursuivi son action de coopération internationale, avec la Chine et le Congo notamment, alors que la réglementation en vigueur ne l’y autorise pas, les Sdis n’étant pas considérés comme des groupements de collectivités territoriales.
La réponse de Jean-Pierre Maggi
Dans un courrier du 19 juillet adressé à la Chambre, Jean-Pierre Maggi se targue d’“un bilan très positif”, salue la direction du Sdis qui a, selon lui, “oeuvré avec abnégation et persévérance” et “tiendra le cap pour encore plus de rigueur et d’efficacité”. S’agissant du personnel recruté, l’ex-président du Sdis répond que “des procédures très précises ont été mises en place depuis et tout semble rentré dans l’ordre”. Contacté par La Provence à propos des embauches à Velaux, l’élu évoque l’urgence : “Des fois, on a des gars malades et en catastrophe, on prend vite des gens parmi ceux que j’ai reçus à ma permanence ou qui m’ont été recommandés”.
Un rapport allégé
Dans sa première mouture, dont le site internet Marsactu avait publié des extraits au printemps, le rapport de la Chambre régionale des comptes était beaucoup plus gros. Était notamment évoquée l’embauche de deux proches de Jean-Pierre Maggi dans des circonstances troubles.
La nouvelle version est beaucoup plus light en raison d’un gros travail de “nettoyage” du fonctionnement du Sdis, entrepris pour limiter les dégâts depuis que Jean-Noël Guérini a remplacé Jean-Pierre Maggi début 2013. C’est ainsi que les fameux vacataires d’été ont été réduits… alors qu’ils répondaient à un vrai besoin.
Denis Trossero et Fred Guilledoux