29/05/2014
Jacques

le SDIS 85 irresponsable !

Voici le récit de deux interventions s’étant déroulée à Luçon, merci à Télé Luçon Sud Vendée. La première aurait pu être une catastrophe au vu des effectifs présent ce jour là au CS Luçon. La deuxième a HEUREUSEMENT eu lieu un samedi.

Ce matin, vers 11h, les pompiers sont intervenus pour une fuite de gaz dans la rue du Gaz à Luçon. 6 personnes du quartier ont été évacuées.
 


C’est en fin de matinée que les sapeurs pompiers de Luçon et la gendarmerie ont été alertés pour une importante fuite de gaz ( rue du gaz, ça ne s’invente pas !), fuite due à des travaux en cours. Aussitôt sur place 9 pompiers deLuçon, Chaillé les Marais et Mareuil sur Lay ont évacués les habitants présents dans leurs habitations et établi un périmètre de sécurité.
”  Le gaz est fortement explosif contrairement à l’idée reçue “ nous a confié le Lieutenant Philippe Paumier, commandant le centre de secours de Luçon. ” En fait la charge explosive se situe entre 5% et 15% de concentration de gaz dans l’air “. Et de rappeler au passage qu’en cas de fuite de gaz, il ne faut pas utiliser d’appareils électriques, de flammes nues et de téléphone. ” Il suffit d’une étincelle pour provoquer une catastrophe “.
GRDF est intervenu sur place pour couper le gaz dans le secteur. En tout, 70 foyers devraient être privés de gaz le temps de réparer la fuite. L’intervention aura durée un peu plus de deux heures.

Incendie dans un Etablissement Recevant du Public de type hôtel-restaurant

À Luçon le samedi 26 avril 2014

Ce samedi après-midi les sapeurs pompiers étaient toujours sur place pour l’opération de dégarnissage. La circulation reste alternée en centre ville.

2014-04-26 incendie Bordeaux
L’incendie a été maitrisé rapidement par les 39 sapeurs-pompiers sur place en fin de matinée devant le bâtiment.
Rappelons que c’est à 11h21 que le SDISS a été prévenu qu’un incendie s’était déclaré à l’hôtel-restaurant Le Bordeaux. Même si en façade on n’aperçoit rien, à l’interieur du commerce les dégâts sont importants. Et c’est pourquoi les sapeurs-pompiers sont, à l’heure où nous écrivons ces lignes, toujours sur place.
Par ailleurs pour faciliter leur travail, la circulation est alternée dans le centre à l’aide de feux tricolores.

POURQUOI AVONS-NOUS ÉVITÉ LA CATASTROPHE ?

Nous nous réjouissons de la qualité des secours et des moyens conséquents qui ont pu être engagés (c’est l’objectif principal de nos revendications actuelles).

Le dénouement et le bilan sont globalement positifs, puisque seulement 7 personnes n’ont été que légèrement intoxiquées par les fumées et transportées sur un centre hospitalier. Nous leur souhaitons un prompt rétablissement, sans oublier la sauvegarde de biens commerciaux et des emplois ainsi que la valeur historique bâtimentaire, chère au patrimoine Vendéen.

Les moyens sapeurs-pompiers, en personnels et véhicules engagés lors de ce sinistre, sont conformes à ce que l’on peut attendre de notre service public et ne sont évidemment pas étrangers à la limitation des conséquences de l’incendie.

Néanmoins, l‘Administration et le haut commandement du Service Départemental d‘Incendie et de Secours de la Vendée doivent s’interroger sur les conséquences humaines et matérielles qu’aurait pu avoir le même sinistre à la même heure dans les semaines et les mois, du lundi au vendredi, qui précèdent cet incendie.

Nous vous rappelons que fréquemment le centre de secours de Luçon ne peut assurer le départ de son engin de lutte contre l’incendie. Il en est de même pour certains centres de secours engagés samedi en renfort qui éprouvent de grandes difficultés à assurer la disponibilité de leurs engins incendie les jours ouvrés.

Preuve en est, ce qui s’est déroulé le 20 mars 2014 à 10 h 25 à Luçon. En effet, nos services sont intervenus sur une fuite importante de gaz sur la voie publique, nécessitant des moyens pour une procédure en cas de risques maximum. Ce jour-là, faute de personnel suffisant, l’engin-incendie de Luçon n’a pu s’engager sur cette intervention localisée à 5 mn de leur caserne (malgré 3 sapeurs-pompiers professionnels présents en caserne). Deux engins-incendie de casernes voisines, distantes de 10 km et 20 km des lieux du sinistre, sont intervenus avec un officier chef de groupe de Luçon, dans des délais d’intervention forcément plus long. Il en résulte, que le chef de groupe se retrouve seul, face à une situation dangereuse, pendant environ 10 à 12 mn, avant de voir arriver les renforts nécessaires aux actions à mener : périmètre de sécurité, évacuation de population, sécurisation de l’action de l’agent GRDF, mesure de concentration de gaz…. Les effectifs des 2 engins étaient, de surcroît, en-dessous des effectifs minimum réglementaires de sécurité. Or, une telle procédure nécessite en réalité 13 sapeurs-pompiers minimum, compte-tenu des actions à mener et de la dangerosité d’une telle situation. En réalité, ce jour il y avait que 9 sapeurs-pompiers. Nous ne pouvons que nous interroger, sur le fait que la presse n’ait pas eu connaissance de ce manque d’effectif, dont les conséquences auraient pu être catastrophiques (voir article internet TLSV du 20 mars 2014 ci-dessus).

Concernant l’intervention du 26 avril 2014, les secours ont été engagés en nombre et dans des délais d’interventions acceptables. Heureusement, les faits se déroulent un samedi, pendant des périodes de vacances, quand la disponibilité des sapeurs-pompiers volontaires (SPV) est souvent optimale, et que l’astreinte programmée hors caserne permet la mobilisation de 9 sapeurs-pompiers.

Ce nombre minimal de sapeurs-pompiers permet d’assurer simultanément le départ de l’engin incendie et du Bras Elévateur Aérien (engin de sauvetage). Pourquoi n’est-ce pas possible la semaine ? Avoir simplement 3 sapeurs-pompiers professionnels (SPP) en caserne réglera-t-il le problème? NON!

Nous rappelons également que les délais pourraient être réduits s’il y avait une équipe en position de garde postée au centre de secours, surtout dans les agglomérations à forte densité, avec des enjeux économiques importants. En effet, le personnel volontaire disponible est en position d’astreinte à son domicile, susceptible de partir en intervention dans un délai pouvant aller jusqu’à 9 minutes.

Des rapports prouvent les incidences financières et humaines supportées par les usagers et les collectivités (assurances, etc…) lorsque des minutes sont perdues.

De plus, ce type d’intervention complexe et dangereuse (comme l’administration le précise dans le SDACR) nécessite la présence, y compris le week-end, d’un chef d’agrès SPP de l’engin-incendie, dont les connaissances techniques sont indispensables. Le bon déroulement de cette intervention est également lié aux premières actions correctement réalisées par l’ensemble des sapeurs-pompiers présents ce jour-là.

Par ailleurs, il est anormal, de se retrouver seul, sans collègues SPP et SPV de garde en caserne, un jour comme le 1er mai 2014, dans un Centre de secours où la complémentarité doit être de mise. Peut-être n’y-a-t-il pas assez d’argent pour financer les gardes au centre des sapeurs-pompiers volontaires ?

Notre service doit être capable d’engager les même moyens humains et matériels dans des délais raisonnables quel que soit le moment dans la semaine, de jour comme de nuit. En aucun cas un service public comme le nôtre ne doit se contenter de paramètres statistiques par rapport à un quelconque taux de sollicitation de nos moyens….les conséquences, pour un même type de sinistre, sont les mêmes quel que soit l’instant.

En conclusion, plusieurs signes d’alarme dus à la fréquence des interventions de lutte contre l’incendie ces derniers jours (il suffit de regarder les journaux), sont flagrants. Sachez que l’intersyndicale a mis en place un dispositif d’enquêtes d’interventions qui mettrait en évidence des problèmes de sécurité et d’engagement des moyens (délais, effectifs dans les engins, etc….).

En d’autres termes, les responsables du SDIS attendent-ils de se retrouver devant une quelconque juridiction pour accepter de mettre en place de toute urgence, un plan d’embauche de SPP digne de ce nom ? Soulager ainsi l’hyper-sollicitation de nos collègues SPV dont la disponibilité est fragile et non pérenne.

Nous avons, aujourd’hui, trop d’éléments à charge pour que nous ne soyons pas enfin pris aux sérieux. LA SECURITE DES USAGERS ET DES SAPEURS-POMPIERS DOIT ETRE PRISE EN COMPTE.

La distribution des secours n’est pas une loterie. Vouloir jouer sur des règles de probabilité est inconcevable. Les conséquences sur la sécurité des usagers, les outils de travail (générateurs d’emploi), mais aussi nos vies, seraient inadmissibles.

Compter sur la chance est une attitude irresponsable.

Nous sommes excédés par le manque de considération de l’administration à notre égard.

 l’équipe CFDTSDIS85