16/12/2013
Jacques

Ça chauffe chez les pompiers de l'Isère!

Jeudi 28 novembre, jour où les pompiers de l’Isère devaient fêter la Sainte Barbe, un mouvement social a été mené à l’appel des syndicats. Entre 17 et 20 heures, cette grève pour dénoncer le gel du budget du SDIS depuis 4 ans, a tourné court.

Ils voulaient marquer le coup, pour qu’on les “entende enfin”. A 17 heures, des pompiers ont voulu écrire leur colère sur leurs camions. Avec de la peinture blanche effaçable, ils ont peint: “Halte au mépris”. La scène s’est passée dans les casernes de Saint-Martin-d’Hères, Echirolles, Grenoble et Seyssinet. A chaque fois, la direction a demandé le nettoyage en urgence, et a suspendu l’activité tant que les véhicules n’avaient pas retrouvé leur couleur rouge. Un point qui a scandalisé les pompiers mobilisés. Dans le même temps, les cérémonies départementales de la Saint Barbe, prévues à La Côte-Saint-André, ont été annulées. Ambiance.

A l’origine de la grogne des sapeurs, il y a une annonce. “Le budget du SDIS n’ayant pas augmenté depuis 4 ans, on nous demande de nous serrer un peu plus la ceinture”, explique Frédéric Bologna de la Fédération autonome des sapeurs-pompiers, “ainsi on va nous obliger à travailler 1607 heures au lieu des 1540 heures habituels. On voit déjà nos primes diminuer, les avancements remis à plus tard, ça commence à faire!”.

“Travailler plus pour gagner autant, voire moins”

Le problème vient en effet du gel des finances allouées au SDIS par les collectivités, alors que le coût du travail a augmenté à la suite, notamment, des changements de statuts dans la fonction publique territoriale. “Ce n’est quand même pas de notre faute si les décisions sont nationales et le financement est local”, note Frédéric Bologna.

Alors, les pompiers sont aujourd’hui appelés “à travailler plus pour gagner autant, voire moins”. 1607 heures, c’est le temps maximum de travail dans la fonction publique, “pourquoi serions-nous soumis à ce régime alors que nous avons en plus un métier dangereux?”, explique un sapeur, “nous sommes un des derniers services publics en contact direct avec la population, il serait temps qu’on reconnaisse notre mission. On ne vole pas nos salaires, croyez-moi!”

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© Jean-Pierre Rivet

Cette grogne met également au jour un service qui dit souffrir d’une activité très soutenue. “En terme de risques, le département de l’Isère arrive en tête des départements français, or nous sommes 800 sur le terrain contre 1100 dans le Rhône, là aussi il y aurait beaucoup à dire!”, conclut Frédéric Bologna.